Retour en arrière

Retour en arrière
A l'heure où le prochain jour rattrape celui qui est déjà presque achevé, où demain n'est pas encore là mais où hier n'est déjà plus aujourd'hui. L'heure qui n'existe pas vraiment, ce moment entre deux temps. Quand la nuit enveloppe de son voile de deuil tout un monde de douleur, les âmes en peine sortent de leur tombeau.

J'errais dans cette noirceur, entre les affres de ma douleurs et ma colère. J'aurais voulu vomir ce monde que je ne pouvais plus supporter, cette vie que je n'avais jamais voulu. Quel égoïsme de mettre un enfant au monde dans cette vie là ! Quelle cruauté. Certains disent qu'un c½ur a sa limite à la douleur et qu'un jour il se brise vraiment. Pourtant même le c½ur éclaté en milliers de morceaux de douleurs, d'humiliations, de coups, je continue à me briser un peu plus chaque instant.

N'y a t-il pas de limite à la cruauté ? Le destin s'acharne t-il, les douleurs nous sont-elles destinées ?

J'errais dans les ombres d'un endroit que je connaissais bien, harcelée par des questions qui me hantaient depuis des années. La pénombre de ce lieu où m'avait plongé ta mort était d'une noirceur terriblement familière. J'en reconnaissais les contours. Je caressais du bout du doigts la lame, oserais-je appuyer un peu plus fort, faire couler mon sang encore, preuve dérisoire que quelque part j'étais encore un peu en vie. Quelle illusion n'est ce pas. Quelle ironie, de vouloir à ce point braver la vie, se faire mal pour se prouver qu'on vit encore un peu alors qu'on espère que la mort, comme la plus ultime des délivrances...
# Posté le mercredi 21 mai 2008 19:53
Modifié le mercredi 21 mai 2008 22:19

Famille

Famille


Je ferme les yeux et vous êtes là, vous êtes toujours là. Mes jours de colère je vous en veux, mes jours de tristesse portent l'empreinte de votre absence et mes soirs de solitude, je rêve d'une vie à vos côtés.

Je sais que chacun de mes pas me mènera à vous, je sais que je vous retrouverai quelque part. Pourtant les instants que j'aurais ratés à vos côtés seront toujours des éclats de solitude dans mes éclats de rire de demain. Mais pour vous, je me construirai cette vie que j'aurais tant rêvée à vos côtés.

Pour tous les dîners qu'on n'aura pas partagés, toutes les disputes que nous n'aurons pas vécues, tous ces moments que nous aurons ratés, les instants de joies, les petits bonheurs, tous les anniversaires, et les noël. Toutes ces soirées devant la télé, ces après-midi partagés, les week-ends et les vacances.

Je sais que demain ma maison résonnera des rires de mes enfants, que nos moments auront le goût du bonheur et que notre vie ressemblera à celle que je n'ai pas eu à vos côtés. Je sais que vous me manquerez, mais je leur raconterai que d'aussi loin que je me souvienne, que la famille que je n'ai jamais eue, celle que je me suis inventée, que vous avez toujours été à mes côtés. Je leur dirai que c'est grâce à vous que j'ai pu me créer mon bonheur de demain.

Peut-être qu'un jour je tournerai la page d'un passé que j'avais dû m'inventer, puisque mes moments de bonheur n'existaient que sur le papier. Pourtant vos moments étaient bien plus vrais que ceux que je vivais.

J'aurais pu dire que j'avais une famille, je leur dirai, et je leur raconterai tous ces moments qu'on n'a pas partagés, tout ceux que vous aurez créés pour moi, ceux que je vivrais avec eux.
# Posté le mardi 20 mai 2008 22:42

Pas grand chose...

Pas grand chose...
Dis, quand reviendras-tu ? Sais tu que tout le temps qui passe quand tu n'es pas là, n'est plus du temps pour moi, c'est un état instable, où la météo de mon c½ur vire à l'orage. Les minutes s'allongent en heure et j'ai des rides aux c½ur de trop t'attendre. Je laisse filer toutes ces secondes qu'on ne rattrapera jamais.

Où es-tu ? Toi qui n'es pas là. Je n'ai pas le temps de le perdre mais depuis que tu n'es plus là, j'ai perdu ma montre, je perds toutes mes affaires, je me perds sans toi. Je ne sais pas quoi faire de moi, mes mains ne trouvent plus le chemin de mes poches, je dors sur le canapé, je mets mes chaussettes à l'envers et le linge à laver dans la cheminé.

Je te cherche partout, je t'appelle dans les rues vides et seul le silence me répond. Je te cherche partout et je ne trouve rien d'autre que ton absence. Je parcoure toutes les rues et toutes les avenues. Je m'assois sur tous les bancs en t'attendant. Et quand la pluie vient à tomber je suis trempée et misérable. J'ai cassé le parapluie depuis que je m'en suis servie pour faire à manger et la passoire ne protège de rien.

Je ne sais plus quoi faire quand je suis sans toi, alors je rentre chez moi, les mains engourdies par le froid, et trempée jusqu'à l'os. Alors je vais sur les toits et je miaule sous la lune, je t'appelle, m'entends-tu ? Comme le plus pitoyable des chats de gouttières, miteux et misérable, j'attends que tu reviennes, que tu m'adoptes.
# Posté le lundi 19 mai 2008 13:55
Modifié le lundi 19 mai 2008 14:11

Un petit pas grand chose

Un petit pas grand chose

Il la regarde venir de loin, le vent joue avec ses cheveux, elle porte un jean et une chemise d'homme trop grande pour elle. Il devine l'éclat de ses yeux plus qu'il ne le voit, il la connaît du bout du c½ur. Quand elle arrive presque jusqu'à lui, il commence à reculer. Ses pieds s'enfoncent dans le sable et y laissent les traces sur lesquelles elle calque ses pas. Il s'amuse à agrandir ses foulées. Elle le regarde et souris jusque dans ses yeux. Il est amoureux, elle l'aime. Ils ne se sont toujours rien dits. Elle pose sa main sur sa joue et caresse sa barbe naissante, ce contact est si doux qu'il pourrait s'abandonner à cet instant pour toujours si le vent ne venait pas coincer une mèche de ses cheveux au creux de sa bouche. Il approche sa main et avec une infinie tendresse repousse ses cheveux pour dégager le visage tant aimé. Il le connaît par c½ur, il sait ses sourires les jours de joies, comme il devine les larmes avant même qu'elles n'apparaissent, il connaît la fine cicatrice au dessus de son sourcil, il sait la douceur de sa peau sous ses doigts, et l'odeur légère au creux de son cou. Il connaît tout d'elle et il chéri chacune de ses imperfections comme autant de cadeaux de la vie. Pour lui, les petites rides qui se dessinent à peine aux coins de ses yeux sont les plus belles preuves de leur amour. Il les a vu surgir, comme le témoin du temps qui passe mais ne change rien aux sentiments. Ils ne se parlent pas encore, préfèrent se dire avec les yeux ces mots qu'ils ressentent avec le c½ur.

Il est tôt, le soleil monte lentement à l'horizon, et ils s'assoient, ne se quittant toujours pas des yeux, comme deux vieux amants magnifiques et deux jeunes amoureux à la fois, ils ont toute l'éternité devant eux, mais toute l'éternité ça passe vite quand on est avec l'être aimé.
# Posté le dimanche 18 mai 2008 13:53
Modifié le dimanche 18 mai 2008 14:05

Sauras-tu

Sauras-tu
J'ai ton absence au creux du c½ur, comme des petites blessures à l'âme, les imperfections de la vie.

J'ai apprivoisé ma solitude, il faut une patience terrible. Moi qui n'étais qu'impatience, je me suis languis de toi au fur et à mesure que le temps passait et que ton absence grandissait. J'ai parcouru toutes les villes à la recherche d'un signe de toi, j'ai respiré tous les airs pour retrouver ton souffle, suivi tant de femmes des yeux en espérant reconnaître ta démarche. J'ai caressé les pierres des bâtiments et les troncs des arbres en imaginant que ta main s'y était posée un jour. On dit que les pensées des gens qui aiment trouvent toujours leur destinataire, alors j'imaginais que les miennes parvenaient jusqu'à toi.

J'inventais ton passage dans les traces de pas que je voyais, j'imaginais tes nuits tous mes soirs d'insomnies. Je te rêvais au matin entre mes draps froids. J'ai préparé des milliers de petits déjeuners pour toi, je t'ai attendu à des millions de dîners. Chaque fois que je sortais je réservais une table pour deux, certaine que tu me retrouvais. Je suis partie explorer les contrées les plus lointaines, pour fuir ton absence mais je suis revenue toujours atteinte de la même folie de toi.

Sauras-tu un jour que j'ai veillé sur tes nuits, scruté tes matins, que j'ai rêvé ta vie, forte d'un amour solitaire mais certain.

J'ai fait confiance à la vie, sûre que les détours au c½ur qu'elle nous imposait te feraient forcément arriver jusqu'à moi. Sauras-tu un jour, que je t'ai aimé comme on vit un rêve, sans jamais ouvrir les yeux. Tu es entrée dans ma vie comme on entre en été, avec cet éclat imprévisible propre aux merveilles insoupçonnées. Je t'ai aimé en savourant chaque instant de toi comme autant de moments d'éternités. Tu as été mon autre, mon seul amour. Le sauras-tu un jour ?
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# Posté le samedi 17 mai 2008 17:00
Modifié le samedi 17 mai 2008 17:11