En jouant avec un loup...

En jouant avec un loup...
Si vraiment je souhaitais la liberté je partirais avec pour seule compagne de voyage ma solitude. Et rien ne me manquerait jamais.

Je rejetterais les limites et les frontières, j'abattrais les barrières et les grillages. Toutes ces choses qui nous tiennent en cage. Les rêves sont-ils aussi en voie de disparition ? L'homme tourne en rond, se nourrit de désir qu'on lui balance à travers une petite lucarne, ces rêves mis en boîtes le contentent. Ou alors il se contente de se contenter de ces choses là ?

Mais si j'aspirais vraiment à la liberté, je laisserais toutes mes choses derrière moi. Nul besoin de confort, ou d'argent. Je courrais si vite que même les hommes ne pourraient me rattraper. Je distancerais les civilisations, les villes, les lumières artificielles.

Entre les rayons de la lune je me faufile, tente ma formidable évasion, fuit le monde. Entre les branches qui se dressent comme une frontière entre votre chez vous et mon ailleurs, deux petits éclats se détachent dans la pénombre. Les contours d'oreilles pointues se dessinent, je crois qu'il me regarde, qu'il est venu pour moi.

Mais si je m'avançais, s'éloignerait-il ? Non ne pars pas mon loup, tu dois bien sentir que j'appartiens bien plus à ton espèce qu'à la leur, ne pars pas, je te suivrai n'importe où, foulant les plaines au rythme de tes courses endiablées. J'apprendrais le mot famille, et j'apprivoiserais la liberté. Mais je t'en pris, ne t'enfuis pas, mon loup, tu dois bien me reconnaître. Je crois qu'on se connaît déjà, je te retrouve comme un vieux souvenir. Présence errante dans mes rêves d'enfants, je n'avais pas peur de toi à l'époque, j'ai conquis mes rêves de liberté en regardant les êtres comme toi errer entre des barreaux dressés par des humains pour leur bien.

Il se retourne et s'éloigne doucement, il tourne la tête vers moi, oui c'est ça, il veut que je le suive. Alors il grogne un peu, pas pour me faire peur, comme pour me souhaiter un bon retour, oui c'est ça mon loup, nous nous connaissions déjà, je m'en souviens maintenant. Je cours derrière lui, je sais qu'il ne s'enfuira pas. Il saute autours de moi, s'approche suffisamment près pour que je puisse le toucher et fait un bon en arrière au dernier moment. Il court et m'entraîne derrière lui, revient me cherche, touche ma main du bout de son museau avant de s'éloigner encore, jappe d'impatience et repart de plus belle. C'est cette nuit là que j'ai conquis ma liberté,

en jouant avec un loup...
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# Posté le mardi 19 février 2008 06:21

Et fuir loin de moi...

Et fuir loin de moi...
Touchée, en plein c½ur, j'abdique et j'accueille l'oubli inexorable presque avec soulagement. Je ferme les yeux, des images défilent en un kaléidoscope de vie.

Ces filles qui m'ont aimées et que je n'ai pas su aimer assez. Celles qui ne m'ont pas aimé, avec qui je ne devais pas m'attacher et que j'ai aimées un peu trop. Il y aussi celle que j'ai aimé, mais parfois ça ne suffit pas.

Mon dieu, je connais cet endroit, j'y suis déjà allée, quand la solution à mes interrogations semblait se refléter sur une lame. J'en porte encore les cicatrices, sur la peau et au c½ur.

J'ai un peu peur en fait, mourir n'est pas si facile ; pourtant que ce serait doux de ne plus rien ressentir, ne plus rien penser, ne plus être. Ou ne plus être moi, changer d'enveloppe, voler la vie de quelqu'un d'autre pourvu que ce ne soit pas la mienne. Quel soulagement ce serait de ne pas être moi, quelle liberté.

Pourtant je sens des chaînes qui m'entravent, comment briser ces liens là ? Je veux croire qu'on est toujours libre de son destin, qu'un homme peut changer sa vie, qu'on peut mettre toutes les couleurs qu'on veut dans sa vie. Mais peut-on se libérer de soi-même ? Je suis ma pire ennemie. Je meurs d'être moi-même, je voudrais me vomir pour me libérer de cette part de moi qui me retient là d'où je voudrais m'enfuir.

Quelle lâcheté, quelle ironie, je vois cette foule qui ri de moi tandis que je me bats contre mes démons intérieurs. Je voudrais hurler, je voudrais courir de plus en plus vite, imaginant que je pourrais me distancer moi-même.

Mais je ne peux rien, rien contre moi...
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# Posté le mardi 05 février 2008 04:59
Modifié le mardi 05 février 2008 05:13

Nuit sans lune

Nuit sans lune
Les nuits sans lune sont les plus propices aux confessions. Sous le maigre éclat des étoiles se dessinent les ombres des désirs inavoués, des espoirs déçus. Les âmes blessées sortent pour panser leurs plaies, les anges déchus viennent y contempler les étoiles qu'ils frôlaient jadis du bout de leurs ailes.

C'est pendant une de ces nuits que j'ai rencontré me messager par qui continuerait mon histoire. Puisque je n'avais plus assez de vie pour tenir une plume et pour délier ces mots qui nous feraient vivre encore un peu, j'ai confié notre histoire à un inconnu qui passait par là. Blessée, meurtrie, mutilée, j'errais entre les ombres dansantes de mes démons, harcelée par les assauts de ma folie. Je lui ai raconté cette histoire qui ressemblait à tant d'autres, cet amour dans lequel je m'étais perdue.

Je lui ai parlé de ton regard, de cet éclat qui me brûlait les yeux. Je lui ai conté ta voix et ta douceur, le contact furtif de ta peau, l'ondulation de ton corps, quand je me perdais dans le méandre des inconscients, égarée dans ta contemplation. Je lui ai raconté ces moments de toi au goût de toujours, et ma folie de toi...

Je lui ai dis mes soirs de solitudes où je ne dormais pas, hantée par ton absence. Je lui ai conté mes nuits sans repos où, présence fantomatique, tu errais dans mes songes. Je lui ai dis que j'étais partie loin pour te fuir mais que j'étais revenue avec la même folie de toi. J'ai narré aussi ces nuits de ténèbres, où plus morte que vivante, je me cachais même de la lueur blafarde de la lune, brûlée par sa lueur.

Et que je m'étais jetée à c½ur perdu dans cette histoire que je vivais pour deux sans jamais rien te dire de cette folie qui brûlait en moi. J'ai dissimulé le feu dans mes yeux, et quand tu soupçonnais quelque chose, je détournais mon regard. Un destin comme le mien est cruellement banal, encore un amour qui ne conjugue qu'au singulier, et une amoureuse abattue d'une flèche en plein c½ur.

Si tout cela en avait valu la peine, je me suis arrachée les ailes, dévorée par la folie de toi. J'ai tourné en rond, dessinant les contours de ma solitude. J'ai creusé de mes pas dans le sol ma fausse chaque jour un peu plus profondément. Et je tournais en rond, m'arrachant des bouts de c½ur sans jamais pouvoir t'approcher.

Il est de ces histoires qu'on ne raconte jamais car elles n'appartiennent qu'aux c½urs qui les ont crées. Pourtant la notre méritait de vivre dans un autre c½ur que le mien, que tu as fini par blesser à mort. Alors garde comme épitaphe quelques mots dont me messager se souviendra peut-être.
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# Posté le vendredi 01 février 2008 03:55

Juliette et Juliette

Juliette et Juliette
Juliette n'a pas vraiment la tête à aimer Roméo, elle aimerait bien laisser de côté les Montaigu et Capulet. Tant pis pour Masuccio Salernitano qui aurait bien voulu que Juliette préfère Roméo, mais Juliette aimerait bien quitter son Roméo pour trouver une jolie Juliette.

Dans sa comédie dramatique, le pathétique de Juliette c'est bien de préférer Juliette à Roméo. Même sous la plume de Masuccio Salernitano Juliette fait bien ce qu'elle veut. Et quand Juliette et Juliette s'aimaient les Montaigu et Capulet restaient bouches bées. Mais c'est bien Roméo qui se retrouvait le plus lésé.

Juliette pris la main de Juliette et lui promit une nuit sans Roméo, Capulet ou Montaigu. Tant pis pour ce pauvre Masuccio Salernitano qui aurait préféré que Juliette continua à aimer Roméo, c'était quand même plus beau. Peut-être y aurait-il une fin tragique mais Juliette promettait qu'aucun rebondissement ne viendrait interrompre leur nuit de passion.

Juliette se laissa faire et au nez des Montaigu et Capulet, et même le pauvre Masuccio Salernitano comprenait bien que la situation lui échappait. Son encre se diluait au fil de leurs baisers, que c'est surprenant pour un auteur classique que le mot amour se conjugue au féminin. Juliette et Juliette s'aimèrent toute une nuit sans qu'aucune correction ne puisse perturber leur étreinte.

Quand le matin se glissa dans la chambre de leur péché, ce fût bien sous la plume de Masuccio Salernitano que se passa le sacrilège. Quand les Capulet traînèrent Juliette au bûcher sous les yeux de Roméo et de Juliette que Masuccio Salernitano força à s'aimer, les lignes de l'amour de Juliette et Juliette furent effacées.
# Posté le vendredi 25 janvier 2008 08:59
Modifié le vendredi 25 janvier 2008 09:17

Un petit pas grand chose...

Un petit pas grand chose...
Je voudrais bien apprendre à jouer de tous les instruments, peut-être pourrais-je t'inventer la plus belle des symphonies. J'aimerais tant savoir mélanger les couleurs, je pourrais te créer un univers entre les tons foncés de tes yeux et ceux clairs de tes sourires. Je pourrais bien connaître toutes les langues, je ne saurais pas te décrire assez bien et toi tu ne m'écouterais pas.

Tu es entrée dans ma vie comme on entre en été. Je t'ai aimé comme on aime un rêve, en l'imaginant mais sans jamais vraiment le toucher. Je l'ai vécu comme un enfant rêve à un parent disparu, en lui parlant dans ses silences mais en ne masquant jamais ses larmes. J'aurais voulu te trouver dans mes nuits de solitudes, là où je t'appelais dans tes silences, tu auras pu combler mes journées d'errance. Je t'aurais inventé un monde de douceur, il aurait été fait de tes sourires, de nos moments. Je t'aurais inventé un univers comme jamais tu n'as osé en rêver.

Je t'aurais fait découvrir les recoins de lumières qui brillent même quand la nuit vient, nous aurions arpenter une ville que j'aurais bâtie pour nous main dans la main. Je t'aurais mené là où le bruit des pas se perdent entre les murmurent des étoiles. Je t'aurais montré les astres que je connaissais bien, ceux qui sont morts mais dont la lumière nous parvient encore. Comme quand tu me quittes mais que je vois encore l'éclat de tes yeux. Je t'aurais raconté l'histoire des étoiles trop timides dont on apperçoit à peine la lueur et celles qu'on ne distinguent vraiment jamais puisqu'elles se sont cachées depuis bien longtemps et ont demandé à ce qu'on ne les dérange pas, pendant un moment...

J'aurais pris ta main et t'aurais guidé dans un monde faits de mots qui dessinent si bien les contours d'un bonheur que tu m'aurais inspiré.

Pourtant je m'emmêle les pinceaux, et je sens bien que mes mots ne veulent pas dire grand chose, toutes ces fausses notes pourraient bien fausser ce tableau. Mais si tu voulais bien pardonner ma maladresse, je pourrais peut-être me rattraper un peu. Tu sais bien qu'il n'y a que les rêveurs qui aient jamais réussi à vraiment vivre, un jour...
# Posté le mercredi 23 janvier 2008 11:01