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Retour en arrière

Retour en arrière
A l'heure où le prochain jour rattrape celui qui est déjà presque achevé, où demain n'est pas encore là mais où hier n'est déjà plus aujourd'hui. L'heure qui n'existe pas vraiment, ce moment entre deux temps. Quand la nuit enveloppe de son voile de deuil tout un monde de douleur, les âmes en peine sortent de leur tombeau.

J'errais dans cette noirceur, entre les affres de ma douleurs et ma colère. J'aurais voulu vomir ce monde que je ne pouvais plus supporter, cette vie que je n'avais jamais voulu. Quel égoïsme de mettre un enfant au monde dans cette vie là ! Quelle cruauté. Certains disent qu'un c½ur a sa limite à la douleur et qu'un jour il se brise vraiment. Pourtant même le c½ur éclaté en milliers de morceaux de douleurs, d'humiliations, de coups, je continue à me briser un peu plus chaque instant.

N'y a t-il pas de limite à la cruauté ? Le destin s'acharne t-il, les douleurs nous sont-elles destinées ?

J'errais dans les ombres d'un endroit que je connaissais bien, harcelée par des questions qui me hantaient depuis des années. La pénombre de ce lieu où m'avait plongé ta mort était d'une noirceur terriblement familière. J'en reconnaissais les contours. Je caressais du bout du doigts la lame, oserais-je appuyer un peu plus fort, faire couler mon sang encore, preuve dérisoire que quelque part j'étais encore un peu en vie. Quelle illusion n'est ce pas. Quelle ironie, de vouloir à ce point braver la vie, se faire mal pour se prouver qu'on vit encore un peu alors qu'on espère que la mort, comme la plus ultime des délivrances...
# Posté le mercredi 21 mai 2008 19:53
Modifié le mercredi 21 mai 2008 22:19

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